MUSÉE DES CULTURES ET DES MÉMOIRES DE GUYANE
L’ancien hôpital Jean Martial porte, depuis le XVIIIe siècle, l’histoire de la ville de Cayenne et les mémoires de ses populations. C’est un lieu connu et identifié par tous, naturellement fédérateur pour accueillir la Maison des Cultures et des Mémoires de la Guyane (MCMG). Lieu de conservation, d’exposition, de démonstration, d’expertise culturelle, la MCMG est destinée à être un espace pour l’épanouissement du « vivre ensemble », d’une identité guyanaise, métissée de cultures autochtones d’Amérique, bushinengués, créoles, Hmongs.
Le projet s’inscrit dans une logique à l’échelle du paysage et de la ville. Le projet de la MCMG s’affirme comme le résultat d’un métissage, qui puise dans sa richesse multiculturelle pour mieux traduire l’identité de la Guyane. Cet ensemble patrimonial, paysager et architectural offre un objet cohérent, vivant et évolutif, où chaque Guyanais peut s’identifier
Le projet architectural définit trois espaces majeurs, trois cours au sein de l'ensemble bâti qui sont l'occasion de créer trois jardins aux ambiances et usages contrastés. A ces trois cours jardins s’ajoute d’autres lieux réunis autour de la grande noue. Plus intimes et directement associés à l’ancienne pharmacie ou au restaurant, ces jardins thématiques complètent le parcours muséal extérieur.
Le jardin des mémoires
Le jardin des mémoires s’inspire des troncs de palétuviers qui s’échouent et s’accumulent par cycles sur la plage qui jouxte le musée. Esprit du lieu donc, et véritable poésie du hasard, le calepinage contemporain de lattes qui s’entrecroisent et s’accumulent réinterprète ce motif naturel. Jonchés au sol entre l’océan et l’hôpital, ces éléments symbolisent le temps, donc l’effet des éléments sur un site qui a marqué et a été marqué par l’histoire guyanaise. Les arbres et rochers locaux en émergent ponctuellement pour former un paysage guyanais ombragé, dans lequel se nichent des bancs accueillant un moment de contemplation des visiteurs. Disposés au-dessus d’un site archéologique, à l’emplacement d’un précédent hôpital colonial construit quelques siècles plus tôt, les palétuviers contemporains gagnent en plus une fonction mnémonique, en réactualisant un passé enseveli, plutôt qu’en l’ignorant ou le recouvrant. En cela, la superposition verticale et l’entrelacement des composants de ce jardin s’inspire également de l’art de la vannerie. L’archéologie, les cheminements et les bancs forment à présent un tressage : un ensemble aux éléments indissociables.
Le jardin est donc un lieu de mémoires individuelles, traces de destins personnels, où les motifs au sol se détachent de l’axe principal pour dessiner de multiples parcours et inviter à la déambulation, loin d’une stricte rationalité européenne si propice à dresser des hiérarchies. Mais c’est aussi le lieu de mémoires collectives, où la voie d’une construction d’une culture guyanaise commune est symbolisée par un axe principal qui se dessine au centre du jardin
- Lieu :Cayenne / 973
- Maîtrise d’Ouvrage :Collectivité Territoriale de Guyane
- Équipe :Mandataire Moreau Kusunoki, P U Y A paysage, JAB architectes, BETOM, Studio Adrien Gardere, Peutz
- Mission :Maîtrise d’œuvre complète
- Date :2024 - en cours
- Budget : 24 650 000 €
- Singularités : Musée / Parc / Bâtiment patrimonial / Réhabilitation
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