LA FRICHE - REFUGE DU VIVANT
• Quelles formes pour l’espace public méditerranéen de demain ?
• Quelle place pour le vivant dans notre quotidien ?
Ces deux questions ont été le fil directeur de notre réflexion.
Lieu culturel majeur accueillant près de 450 000 visiteurs et plus de 600 événements par an, la Friche de la Belle de Mai est à l’origine un espace largement minéral, peu végétalisé et fortement imperméabilisé. Un état révélateur du clivage persistant entre nature et culture, que ce projet propose de dépasser.
Ici, le vivant devient une composante structurante de l’aménagement. La Friche demeure ce qu’elle a toujours été : un laboratoire à ciel ouvert, un terrain d’expérimentation où s’élaborent de nouvelles manières de concevoir et de fabriquer la ville, avec une ambition d’exemplarité tant dans le processus que dans les formes produites.
Un processus élargi
Première étape du plan de redirection écologique du site, le projet s’appuie sur trois ambitions fondatrices :
- favoriser la diversité du vivant
- développer une gestion intégrée de la ressource en eau
- anticiper les mutations climatiques et urbaines qui en résulte afin de proposer un lieu toujours amène pour les décennies à venir.
Ces objectifs nous ont incité à revoir et à élargir le processus classique de projet d’espaces publics :
Comprendre où l’on se sentira bien : paysage bioclimatique
Une modélisation bioclimatique, croisée avec les données de la station météorologique du site, a permis d’orienter le projet en fonction des conditions réelles : ombre, vent, îlots de chaleur. Le dessin devient ainsi un outil au service du confort et de la qualité d’usage.
Réemploi : la Friche égale à elle-même
Intervenir dans un site actif et habité impose une approche mesurée. Le projet prend place au sein d’un lieu existant, complexe, usité. Il a donc fallu s’insérer avec délicatesse, prendre place dans une valse qui ne s’arrête jamais afin de composer avec le « déjà là ». Le projet s’inscrit dans une logique de transformation plutôt que de substitution.
Recomposer le site à partir de lui-même par le réemploi des matériaux, des mobiliers et des sols hétéroclites, s’est imposé comme une évidence prolongeant l’histoire du lieu.
Mettre les mains dans la terre !
Au-delà de la maîtrise d’œuvre, le projet s’ancre dans une dimension concrète et collective. En amont du chantier, des cultures de végétaux locaux ont été lancées dans les serres du jardin Levat.
Des chantiers participatifs ont ensuite mobilisé écoles, étudiants, usagers et habitants, faisant du projet une expérience partagée
Un dessin pas gravé dans l’arbre / Un paysage en mouvement
Travailler avec le vivant c’est accepter l’évolution et l’incertitude. Le projet n’est pas un plan figé mais une silhouette en perpétuelle évolution. Faire projet de paysage c’est donc avoir aussi la possibilité de le suivre, de l’observer, d’orienter, de réajuster. La Friche nous a autorisé à prendre ce temps.
Un plan de gestion pluriannuel, porté par un jardinier-médiateur dédié, accompagne cette dynamique sur trois ans, prolongeant la conception dans l’usage et la transmission.
Un projet collectif, partenarial et collaboratif
La Friche de la Belle de Mai est une petite ville. Nous sommes ainsi allés au-devant des nombreux ! acteurs de la Friche, tant institutionnels que locataires, artistes, personnels technique et l’innombrable diversité des usagers.
Un dispositif de studios participatifs a permis d’associer ces parties prenantes à chaque étape.
Ils nous ont permis de recueillir les témoignages de chacun et d’avancer pas à pas vers l’émergence d’une vision commune et partagée.
Parce qu’on est toujours plus intelligent à plusieurs, le projet « refuge du vivant » s’est construit en rassemblant les spécialistes de divers domaines. Autour de la table : des scientifiques de l’IMBE, la LPO, le comité scientifique de la Friche, le CEREMA nous ont permis d’élargir les champs de réflexions, de hiérarchiser les enjeux, enrichissant le projet par le croisement des savoirs et la confrontation des points de vue.
Une expérimentation à ciel ouvert
Le Refuge du Vivant est un projet expérimental fondé sur une hypothèse centrale : réconcilier sol, eau et végétal pour recréer un milieu fertile et résilient.
L’objectif est de retrouver des sols vivants capables d’infiltrer les eaux pluviales et de soutenir durablement le développement végétal, tout en testant des solutions adaptées au contexte méditerranéen :
- un jardin sans arrosage automatique, soutenu par un château d’eau
- le développement de technosols adaptés aux contraintes locales
- une diversification des essences et des procédés culturaux pour construire une palette végétale évolutive, adaptée et adaptable.
Cette démarche s’accompagne de protocoles de suivi établis sur mesure afin de qualifier et évaluer :
- L’évolution des milieux selon les stratégies de plantation
- Les bénéfices bioclimatiques et écologiques
Le projet vise ainsi à produire des connaissances autant qu’un espace, en démontrant par l’exemple la faisabilité de nouvelles pratiques d’aménagement.
- Lieu :MARSEILLE / 13
- Maîtrise d’Ouvrage :SCIC FRICHE DE LA BELLE DE MAI
- Équipe :P U Y A paysage / L'HYDRE / INDDIGO
- Mission :Maîtrise d’œuvre complète / Ateliers de concertation / Chantiers participatifs / Modélisation bioclimatique / Protocole de suivi de la biodiversité / Plan de Gestion / Suivi et Entretien
- Date :2025 - 2029
- Budget : N.C
- Singularités : 8 600 m² / 9 500 m² déconnectés / 420 arbres plantés / 96 espèces végétales / micro-forêt / Réemploi / Château d'eau
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